Fixation Shift de Salomon : notre avis après une saison de test !

Grande nouveauté cette année chez le Groupe Amer Sport, cette fixation de randonnée (développée par Salomon) devait forcément faire parler d'elle, en bien ou en mal selon les goûts ! Morgan, notre montagnard spécialisé freeride et randonnée a pu l'essayer tout l'hiver. Voici son avis !

7 ans !

C’est le temps qu’il a fallu au centre de recherche et développement de la marque Annécienne pour mettre au point cette fixation. Et avant de parler de réussite ou non, on peut d’ores et déjà parler d’une réelle innovation technologique ! Pourquoi ? 

Car c’est la première fixation complètement hybride à débarquer sur le marché. Ainsi, elle propose un système « low tech » pour la montée en randonnée associé à un système alpin pour la descente, le tout avec une compatibilité pour toutes les chaussures normées ISO. Oui, vous l’aurez compris, pas besoin d’acheter une paire de chaussure alpine pour profiter de la Shift ! Et inversement (sauf pour la montée, bien sur, où il est indispensable d’avoir des inserts low tech) ! Par ailleurs, la plaque est réglable et s’adapte à toutes les chaussures. 

La fixation Shift (ici, montée sur un Blizzard Rustler 10 – 104mm au patin)

Quelles sont ses caractéristiques ?

Parlons un peu « technique » :

  • La Shift possède des valeurs de déclenchement comprises entre 6 et 13, largement suffisant pour 95% des skieurs. Et surtout, elle est certifiée par le TÜV, et réponds donc aux normes de sécurité. Le déclenchement est géré latéralement par la butée et verticalement par la talonnière. 
  • Au niveau de la butée, un ingénieux système d’ouverture des ailettes laissent apparaître les inserts qui permettent d’accueillir une chaussure de randonnée pour la montée.
  • Elle est compatible avec toutes les chaussures de skis normées ISO, qu’elles soient spécialisées randonnée ou uniquement orientées pour la piste. 
  • Poids : 850g par fixation, soit 1700g la paire (avec les stop-skis)
  • Hauteur de la cale de montée : 10°

Comment ça fonctionne ?

A première vue, cela peut sembler compliqué. Pourtant, son mode de fonctionnement est assez simple. Pour la passer en mode randonnée, il suffit de remonter la plaque située au niveau de la talonnière en mode « Walk » puis de donner un coup sec dessus avec le talon de sa chaussure pour bloquer les stop-skis (on peut aussi ramener manuellement les stop-skis en position horizontale jusqu’à ce qu’ils se bloquent). 

    La talonnière de la Shift en mode ski (à gauche) et en mode randonnée (à droite)

    Puis, il faut passer la butée en position randonnée en abaissant le petit bloc bleu qui vient accueillir la chaussure lors de la descente. Voilà, la fixation est prête pour la montée ! Pour mettre les inserts dans la chaussure, il suffit d’appuyer sur le levier bleu qui se situe devant la butée (avec son bâton par exemple) afin d’écarter au maximum les ailettes. Une fois que les inserts sont positionnés, on relâche le levier afin de venir  bloquer la chaussure. Il n’y a plus qu’à y aller !

      La butée de la Shift en mode ski (à gauche) et en mode randonnée (à droite)

      Une fois arrivé en haut, j’appuie sur le levier (toujours avec mon bâton) pour ouvrir les ailettes et retirer ma chaussure. Puis, je pousse le bloc bleu au niveau de la butée jusqu’à ce que le système d’insert se rétracte complètement. Je déverrouille ensuite le frein de la talonnière pour passer le mode « Ski ». Ca y est, il n’y a plus qu’à chausser et profiter de la descente !

        Le test de Morgan !

        J’ai pu tester la Shift tout au long de la saison d’hiver, principalement sur un Stereo Carbon Lynx en 178cm et 98mm au patin. Ainsi, j’ai pu l’expérimenter dans tout type de conditions (poudreuse, trafolle, neige béton, neige de printemps…), aussi bien en station qu’en hors-piste, avec des chaussures alpines ou de randonnée. Voici mon avis sur cette nouvelle innovation signée Salomon !

          A la montée :

            Le pied est assez proche du ski et permet une foulée efficace. La cale de montée est assez facile à manipuler, on peut jouer avec la rondelle du bâton sans avoir à se baisser pour la redresser. En revanche, j’ai trouvé la cale un peu trop haute pour monter en pente douce et, à l’inverse, un peu trop basse quand l’inclinaison se fait sentir ! 

            J’ai également eu quelques soucis avec l’accumulation de neige fraîche au niveau de la talonnière. Cela peut venir débloquer le frein et rebasculer la talonnière en mode ski. Néanmoins, il suffit de remettre le frein en mode « Hike » puis de donner un coup sec avec le talon et le système se bloque à nouveau normalement (la manipulation prend 5 secondes et n’oblige pas à déchausser).

            Au niveau de la butée, je n’ai pas eu de problème avec les inserts qui, une fois le levier redressé à fond, bloquent efficacement la chaussure. 

              A la descente :

                C’est là tout l’intérêt de cette fixation. En terme de sensations, on retrouve bien les qualités d’une fixation alpine : précision, puissance et transfert des appuis optimum ! On peut attaquer sans problème, mettre des gros coups de frein, sauter, marquer franchement ses appuis sans se demander si l’on risque de déchausser à tout moment. 

                C’est ce que j’ai le plus apprécié avec cette fixation : la précision du déclenchement. Fini les déclenchements intempestifs, ça déchausse quand c’est sensé déchausser. On engage fort et on se prend une grosse crêpe : ça déchausse. On skie tranquille et on se prend un petit tête-pied dans la poudreuse, les skis restent au pied et on repart direct. Cette fixation rassure et permet vraiment d’attaquer sur les languettes, il y a du répondant ! Le transfert de force des appuis au ski se fait instantanément, le ski répond du tac au tac. C’est très appréciable, surtout dans les passages un peu techniques. Par ailleurs, j’ai aussi pris beaucoup de plaisir à carver sur piste avec cette Shift, même si elle n’est pas destinée à ça.

                  En conclusion :

                    Cela faisait longtemps que j’attendais ce type de fixation, suffisamment légère pour avaler du dénivelé mais qui conserve toutes ses qualités alpines pour la descente. Pour cette première version de la Shift, je suis globalement très satisfait ! Alors oui, elle n’est pas parfaite et ne correspondra pas à tout le monde mais, dans son programme, on ne peut pas lui reprocher grand chose ! Elle « fait le taff » comme ils disent… voir plus !

                    Evidemment, son poids relativement élevé pour une fixation de randonnée peut freiner pas mal d’adeptes qui font la course à la légèreté. Pour ceux là, il existe déjà tout à tas de fixations à inserts qui progressent d’années en années, tant sur le plan de la skiabilité que sur le poids. La Shift s’adresse plutôt aux skieurs de stations souhaitant posséder une seule paire de ski « à tout faire » ou aux randonneurs qui misent tout sur la descente et pour qui le poids n’est pas handicapant.

                    J’ai fais pas mal de sortie cet hiver, parfois jusqu’à 1500m de D+, et je ne me suis pas senti accablé par le poids de la Shift. Je dirai que c’est une habitude à prendre et surtout une histoire de compromis : on perd en confort à la montée pour gagner en skiabilité à la descente. Par contre, la Shift est clairement destinée aux skis larges, n’envisagez pas de la monter sur un ski en dessous de 85mm au patin. Elle sera trop encombrante et perdra de son intérêt. 

                    Que l’on soit attiré par cette fixation ou qu’on ne manifeste que très peu d’intérêt envers elle, la Shift ne peut nous laisser indifférent. Il s’agit de reconnaître et de respecter le travail de Salomon qui a su apporter un vent nouveau sur la pratique du ski. Merci à eux et maintenant, à vos spatules ! 

                      Vous voulez nous suivre sur les réseaux sociaux ?