Une journée de compétition de ski avec Thomas

Rouge, bleu, rouge, bleu... Vous aussi vous avez la passion des piquets ?

Venez vivre une journée de compétition de ski (slalom) avec Thomas, notre conseiller spécialisé en ski de piste ! Sa préparation, son ressenti avant la course... il vous raconte tout !

Le réveil avant la course

4h30 du matin, le réveil sonne. J’émerge doucement, mais je sais qu’il faut que je me presse. J’ai 2h de route, je dois récupérer le forfait, prendre mon dossard, aller sur la piste reconnaître, finir de m’occuper de mes skis, bref je suis pressé.

Ni une ni deux je m’habille, collant, t-shirt respirant, chaussettes de ski, dorsale, et hop la combinaison de ski. Pas celle que tout le monde porte non, mais plutôt celle qui est moulante, qui vous compresse tout le corps, mais on fait avec !

Le stress qui commence à arriver, je me force à prendre un petit déjeuner complet, matin de course oblige. Petit check-up du matériel, les skis ont été préparés la veille, fart, affutage, brossage, réglage de la dureté des fixations. J’emmène quand même la brosse et une racle, afin de finir de les entretenir avant le passage dans le tracé.

4h50, il est temps de partir direction l’Alpe d’Huez ! Aujourd’hui, ce sera en slalom géant, des skis de 1m93 avec un rayon de 25m (pour un petit bonhomme d’1m74 comme moi). Le stress grandit de plus en plus. On est 3 dans la voiture, 3 sur la même course, 3 potes mais 3 concurrents aussi… On discute un peu, le collègue dort derrière, en même temps si je ne conduisais pas je pense que j’aurais fait pareil !

La préparation de la course

7h, arrivée à l’Alpe d’Huez. On se gare, direction la remise des dossards. On consulte la liste de départ, tirée au hasard cette fois-ci. Et merde, je pars dans les derniers, dossard 120 sur les 135 participants. Je vois que mes potes sont 15 et 74, ça reste correct pour eux !

Avec mon dossard, la piste risque de bouger avant mon passage. Des trous, des escaliers qui se forment au niveau des portes, et ça devient tout de suite plus dur. Mais on va faire avec, il le faudra bien.

Je finis de me préparer. Tout dans le sac : le casque, les chaussures de ski (qu’on ne serre pas tout de suite), les skis et les bâtons. On ferme la voiture et on prend les remontées mécaniques. J’aperçois le tracé sur la gauche, on en discute un peu, premier contact visuel, première appréhension.

Arrivés sur le départ, on pose toutes les affaires, on enfile nos dossard, et hop, dans le tracé. Au ralenti bien entendu pour éviter d’endommager la piste. Bleu, rouge, bleu, jusque là rien de compliqué. On discute avec les collègues pour avoir tous les ressentis « Ha tient, faudra bien être sur le pied extérieur là », « Attention à la sortie de la banane » (NDLR : Une banane est un enchaînement de 2 portes dans la même direction afin que le virage soit plus long), « là c’est tout droit, mais juste après attention, beaucoup d’espace horizontal et peu de vertical » (l’espace horizontal et vertical étant la distance séparant 2 portes sur les 2 plans). Reconnaissance terminée, on se retrouve au départ.

Ça y est, le stress est là. On voit les ouvreurs (ceux qui passent en premiers avant tout le monde, des « testeurs ») partir, puis les premiers coureurs. On affine nos réglages sur les skis comme sur notre reconnaissance en fonction des coureurs qui passent, mais en soit très peu de changement. Le collègue est au départ, on gueule, on l’encourage, et il part. Nickel, beau passage, il a du faire un sacré temps ! Toutes les 30 secondes, on entend « 3, 2, 1, TOP », « Dossard 50 parti, dossard 51 absent, dossard 52 au départ ».

Le 2ème collègue est au départ, je gueule tout ce que je peux, et il part. Nickel, il a de la vitesse, il a une bonne trajectoire, faut juste faire attention à…. Et merde. Trop de vitesse, moins de contrôle, il s’est fait éjecter après la banane et a loupé la porte. Il est dégoûté, je le sais, mais il remonte le plus vite possible pour repasser la porte comme il faut. Le temps ne compte plus dorénavant, il sait qu’il sera très loin derrière.

Et c’est là où le stress est à son comble. Seul en haut, je m’enferme dans ma bulle. Je me repasse le tracé en tête, ce que je dois faire, ce dont je dois faire attention. Un échauffement court mais intense, afin de faire monter le cardio. J’enlève la veste pour être en combinaison intégrale. Je serre les chaussures, met le casque, brosse et racle une dernière fois les skis pour enlever le résidu de fart qui pourrait rester, et enlever les dernières impuretés. Je me retrouve dans la file d’attente, il reste 3 dossards devant moi. Il s’élance, plus que 2. Plus qu’1. Et là, je suis au départ.

Le départ !

Le stress est à son paroxysme. J’ai envie de pisser. Mais non, ce n’est pas le moment. Je n’y pense plus. 6 portes dans le mur, entassées, puis banane sur plat. 4 Portes puis mur, être tôt sur les appuis. 6 portes et banane, 5 portes plus espacées, beaucoup de vitesse, 2 portes qui tournent donc attention. Enfin, 4 portes régulières et enfin 3 portes directes. Je le connais le parcours, let’s go. Je n’entends plus rien, pas même mes collègues qui sont revenus m’encourager. Et on m’annonce un stop course. Putain.

Un stop course, c’est un arrêt des départs. Plusieurs raisons possibles : une piste qui doit être entretenue à certains endroits, une personne qui est tombée et qui s’est blessé, une porte qui s’est enlevée et qu’on doit remettre. Mais quand ça vous arrive juste avant votre départ… ça casse votre rythme !

Echauffement en attendant. Je reste focus. 5 minutes après, la course reprend et je me retrouve au portillon, je passe les bâtons de l’autre côté, prêt à pousser à fond pour avoir le plus de vitesse possible dès le début.

3.
2.
1.
C’est parti.

Bonnes sensations, je me sens bien. Le tracé paraît beaucoup plus rapide que prévu, il va falloir s’adapter un peu, surtout vu que la neige s’est beaucoup transformée, mais ça reste convenable. Je tends un peu les lignes, prend de la vitesse, attention après la banane, être tôt sur les lignes. Je regarde loin devant, je pense à souffler. Bien en position, bientôt à l’arrivée, et franchit la ligne, content de moi. Petite faute de carre lorsque je veux m’arrêter, je tombe et heureusement pour moi, les filets m’arrêtent. Pas de mal, un petit peu brûlé par la neige mais ça reste superficiel. Au niveau du temps, 3e de ma catégorie, 13e au temps scratch (tout temps confondus). Une belle course ! 

Le plaisir de la compétition, c’est de se surpasser et de se faire plaisir. Pousser toujours plus loin, donner le maximum de soi-même, et ne rien regretter. Courir avec ses amis, profiter de ces instants qui resteront gravés pour longtemps.

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